Partager l'article ! GRANDS PHOTOGRAPHES: Joseph Kudelka Ce photographe expressionniste, né en Tchécoslovaquie et naturalisé français, membre ...
Joseph Kudelka
Ce photographe expressionniste,
né en Tchécoslovaquie et naturalisé français, membre de Magnum et nomade perpétuel, auteur d'images célèbres sur l'intervention soviétique en 1968, les Gitans et des paysages au panoramique,
dévoile aussi ses toutes premières photos et celles qu'il a faites au théâtre. En entrevue, il a expliqué les liens entre son éthique et sa photographie. -- On est frappé, quand on regarde
l'ensemble de votre travail, par le sentiment de perte, de fin d'un monde : fin d'un rêve avec l'intervention de 1968, fin d'un voyage avec les Gitans, fin de paysages industriels. D'où
vient ce sentiment que vos images semblent intemporelles, sans aucun signe de la modernité ? Un critique mexicain a dit que je parle toujours de la mort, sans morbidité. Je suis attiré par
ce qui disparaît, je le photographie afin d'en conserver une trace. Le même critique soulignait aussi la beauté des images et mon amour pour la vie. Cette contradiction serait ma façon de parler
du monde contemporain. Dans ce monde, je marche, je regarde et je réagis à ce qui m'intéresse, guidé plus par l'émotion que par la pensée. Même si je peux me rendre où bon me semble, j'ai de plus
en plus de mal à trouver une place qui me convient. Je ne pourrais plus photographier les Gitans comme je l'ai fait, de la même façon que je suis triste quand un bâtiment est détruit. Je vais
peut-être arrêter un certain type de photos parce que le monde qui m'intéresse ne va plus exister. Mais je sais que je peux continuer à photographier certains paysages, en panoramique, parce
qu'ils représentent le présent et le futur.et l'obsession de gagner toujours plus d'argent. J'ai essayé de conserver cette colère positive. Je me suis toujours dit : «Ce que je n'ai pas, je
n'en ai pas besoin.» motif qu'on ne pouvait les dater ni les localiser. Je n'étais pas triste parce que c'est exactement ce que je recherchais. Partout où je voyageais, on pouvait me «jeter»,
mais pas du bureau parisien de Magnum, qui était ma base, mon endroit, où je pouvais dormir, où j'avais ma boîte aux lettres et des amis.
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